Le compost est un engrais organique issu de la décomposition contrôlée des végétaux (débris organiques de cuisine, résidus de récolte, feuilles, la paille …) et des résidus d’animaux (fumier, coquillages, os, arêtes …), est un intrant très important dans la production agricole. Ainsi, maîtriser sa fabrication permettra aux producteurs de réduire le coût en éléments fertilisants.
Dans cet article nous vous présenterons la fabrication de deux (02) types de compost à savoir :
- Compost solide dont la durée de stockage est plus long;
- Compost liquide ayant une dure de stockage plus courte.

I – Comment fabriquer le compost liquide
Suite a sa durée de conservation qui est courte, sa fabrication doit être anticipée afin qu’il soit disponible au moment ou les cultures en ont besoin et surtout son procédé de fabrication doit être bien maîtrise pour évitée de brûler les plantes.
Contrairement au compost solide, le compost liquide ne peut être utilisé comme fumure de fond (car n’améliore pas la structure du sol) mais seulement comme une fumure d’appoint et de plus sa fabrication est plus aisée et nécessite moins de travail.
Ainsi pour confectionner un compost liquide l’on doit disposer :
- Un contenant (bidon ou fût) de 100 L;
- 10 Kg de mélange de feuilles fraîches : il serait avantageux d’utiliser des plantes ayant des propriétés importantes telles que Fertilisantes (Mucuna pruriens, Leuceana leucocephala, Pueraria phaseoloides, Moringa oleifera) ; nematofuge (Chromolena odorata) ; insectifuge (nicotiana tabacum)…etc;
- 6 Kg de fumier bien décomposé (fiente de poules, bouse de vache, lisier de porc…etc.);
- De l’eau;
- Un sac en fibre ou de jute;
- Une grosse pierre;
- Un bâton.
I.1 LES ÉTAPES DE FABRICATION
Elle consiste a remplir le sac de jute avec les 10 Kg de feuilles fraîches plus 6 Kg de fumier bien décomposé et de bien l’attacher puis, l’introduire dans le fût de 100 L et remplir ce dernier avec l’eau jusqu’à immersion total du sac de jute.
Il convient de noter que l’on peut aussi effectuer directement le mélange dans le fût en cas d’absence du sac de jute.
Ici l’on utilisera une grosse pierre pour maintenir le sac de jute au fond du récipient en le plaçant au dessus de ce dernier puis, fermer le fût partiellement avec son couvercle ou totalement avec un linge ou une nappe ceci pour protéger le mélange contre les mouches ;les mauvaises odeurs et surtout le permettre de respirer.
Elle consistera en la macération du mélange. Ainsi deux (02) jours après fermeture du fût l’on retournera le mélange a l’aide d’un bâton ceci pendant au moins 5 min puis rajouter de l’eau si nécessaire pour que le sac soit totalement immergé et le refermer.
Ce procède sera reproduit une fois toutes les semaines jusqu’à maturation du compost qui aura lieu entre 04 et 07 semaines et sera (le liquide obtenu) conservé dans un lieu ombragé et bien protégé pendant un mois. En cas de mélange direct dans le fût l’on filtrera d’abord le mélange avant de le stocker.
I.2 Utilisation du compost
Il sera appliqué grâce à un arrosoir sur les jeunes plants repiqués puis régulièrement durant tout le cycle cultural de ces derniers (surtout en maraîchage).
VOIR AUSSI : L’importance de faire une analyse chimique de son sol en agriculture
II – Comment fabriquer le compost solide
Ayant un très bon avantage de pouvoir se conserver sur une longue période (06 mois a plus) s’il est placé dans de bonne condition, le compost solide peut ce faire soit dans des bacs soit en tas ou en andain ceci pour produire du compost en quantité et de bonne qualité ; ainsi son volume dépendra de la quantité de matière à traiter. Pour sa préparation l’on doit disposer des éléments suivant :
- De la matière sèche telle que de la paille ;
- La matière fraîche telle que des débris de cuisine et de végétaux issus d’une friche et surtout des légumineuses dont le feuillage est très riche en azote (a savoir: Mucuna pruriens, Pueraria phasoloides…etc.) ;
- De la terre fertile ou de la cendre ;
- Du fumier bien décomposé (fiente de poule, lisier de porc, bouse de vache…etc.) ;
- De l’eau ;
- Un bâton, une fourche ou de quoi retourner le compost.
II.1 LES PHASES DE PRÉPARATION
Elle passe par le choix de l’emplacement qui doit être proche d’un point d’eau et sous ombrage.
Elle consistera la préparation des éléments cités plus haut et la matérialisation de l’air de compostage qui doit être plane pouvant avoir les dimensions de 2 m de longueur sur 1.5 m de largeur et 10 cm de profondeur.
NB: la préparation passe par le découpage des parties lignifiées (tiges, branches…etc.) riche en carbone en fine particules de moins de 10 cm de long et des parties non ligneuses (feuilles, résidus de cuisine…etc.) riches en azote en particules grossières. Il convient de dire aussi que l’apport en légumineuse n’est pas obligatoire mais leurs présences quand ils sont disponible permettra d’augmenter la fertilité du compost.
Ici l’on disposera les différentes couches de la manière suivante :
- Arroser la surface délimitée et déposer les particules grossières (tronc de bananier découpé…etc.) puis de la paille a une hauteur d’environ 20 cm tout ceci bien tassé ;
- Ajouter une couche d’environ 5 cm de fumier plus de la cendre de bois si l’on en dispose ;
- Bien arroser l’ensemble et déposer au dessus une couche de matière fraîche d’environ 15 cm de haut puis arroser celle-ci ;
- L’on reproduira ainsi le même processus a partie du dépôt de la paille ; jusqu’à l’obtention d’un tas de 1.5 m de hauteur si les éléments nécessaires sont disponible en bonne quantité.
Il convient de noter qu’un bâton doit être placé a la verticale et au centre du tas ceci pour permettre son de thermomètre et d’aération du tas.
Une fois toutes les couches disposées recouvrir le tas avec des feuilles de bananier ou d’un film plastic noir pour conserver l’humidité et la chaleur.
Tous les 10 jours jusqu’à la maturation du compost (au bout de 02 à 03 mois) le bâton est retiré du tas et son bout immergé est touché pour s’assurer que le tas chauffe bien. L’on procédera par la suite au retournement du compost en respectant l’ordre des couches de tel sorte que les couches les plus hautes se retrouvent en bas et celle les plus basses en haut et en insérant les bordures au centre du tas puis a un arrosage réduit du tas.
II.2 Utilisation du compost solide
Une fois maturation atteinte le compost est stable, de couleur brune et non odorant. Il sera utilisé par incorporation directe dans le sol avant et/ou pendant la culture, sur toute la parcelle s’il est disponible en quantité suffisante ou de façon localisé au pied de chaque plante.
VOIR AUSSI : Comment utiliser les engrais chimique de manière rationnelle
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